ALERTE JANVIER 2014: L'EXEMPLE COUTUMIER VIENT (TOUJOURS) D'EN HAUT

STATUT DE LA PREMIERE DAME: L’EXEMPLE COUTUMIER VIENT -TOUJOURS- D’EN HAUT

La Bibliothèque des Usages s'était déjà faite l'écho de l'intérêt que les hommes politiques attachent à la coutume. (Alerte n°2, mai 2013, "L'exemple coutumier vient d 'en haut". )

A l’occasion des récents déboires sentimentaux de Madame Valérie Trierweiler, certains hommes politiques ont paru exprimer moins de foi dans le régime coutumier. Le porte-parole du groupe PS à l'Assemblée, Thierry Mandon a ainsi soutenu que « Le statut de première dame  serait « un archaïsme de la République »,  (http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/01/14/en-france-la-premiere-dame-n-a-aucun-statut legal_4347566_823448.html). Interviewé sur RTL le 14 janvier 23014, François Rebsamen, sénateur-maire de Dijon a jugé que la notion de "première dame" de France serait une pratique "surannée" qui doit "être bannie".

Dans le passé récent, des actions en justice ont même été introduites pour contester les dépenses afférentes aux conjointes de nos présidents.

Ces attaques nous semblent regrettables. Comme chacun de nous, les hommes politiques et leurs conjoints bénéficient de droits et de devoirs d’origine, légale conventionnelle ou coutumière.

Notre Président semble se ranger à notre analyse. Lors de sa conférence de presse du 14 janvier 2014, il a ainsi déclaré :«  Il n’y a pas de statut de la Première dame, il n’y en a jamais eu ». Il y a une pratique qui varie selon les périodes et les personnalités, notamment les femmes des chefs d'Etat qui m'ont précédé, et c'est un usage. Ce qui pour moi est essentiel, c’est la transparence, c'est-à-dire que les moyens qui sont consacrés aux conjoints doivent être connus, publiés et les moins élevés possibles. Le nom du conjoint doit être connu, publié. ».

Le maintien de droits coutumiers n’est pas un « archaïsme » mais une nécessité de la vie sociale. Il doit d’ailleurs s’exercer dans le respect des textes impératifs lorsque ceux-ci existent. Comme le suggère le Président, une publicité des avantages coutumiers pourrait en outre être mise en place.

Ce régime coutumier permet d’ailleurs d’expliquer le régime des droits et devoirs de Madame Trierweiler. Dès lors que le lien sous-jacent qui l’unissait au Président de la République a cessé, les droits et obligations coutumiers qui en découlent doivent aussi cesser. Il n’est pas besoin d’une dénonciation particulière. La disparition non-rétroactive de ces droits relève de la caducité.

Au-delà du caractère démagogique et de l’inefficacité qu’on pourrait en attendre, une réglementation à outrance de tous les plans de la vie politique et sociale nous paraîtrait autrement plus inquiétante que le maintien des traditions et des usages en cours.

P. M.